La culture des champignons au potager

Vous rêvez de pouvoir cultiver des champignons chez vous ? Bonne nouvelle, c’est possible ! Voici nos conseils pour les cultiver chez vous en extérieur.

L’immense majorité des champignons cultivés font partie de la famille des champignons « saprophytes » : ils décomposent les matières mortes comme les branches ou les feuilles d’arbres. Les pleurotes et les strophaires font partie de cette famille.

Ici, nous vous proposons deux méthodes de culture en extérieur faciles et abordables pour tous.

1) La culture sur bûche

Pour cultiver des champignons sur bûches, il n’est pas nécessaire de stériliser les substrats comme en culture intérieure. Vous pouvez ainsi valoriser des bûches ou des souches de votre jardin.

Les variétés les plus cultivées sur bûches sont les pleurotes et les shiitakés. Les pleurotes prennent 6 à 12 mois pour donner leurs premiers fruits, et les shiitakés demandent un peu plus de patience car ils prennent entre 18 et 24 mois pour pousser. Ils peuvent être cultivés sur la plupart des feuillus (chêne, hêtre, peuplier, saule,…) – évitez les résineux qui contiennent une substance inhibitrice dans leur résine (acide résinique).

Les bûches ou les souches doivent avoir été coupées récemment (3 mois maximum). Il est conseillé d’attendre 2 à 3 semaines avant d’inoculer les souches pour permettre aux éventuelles substances antifongiques naturellement présentes de se dégrader avant l’ensemencement avec le mycélium.

Matériel nécessaire :

– Bûche ou billot de bois coupé récemment. Diamètre de la bûche : entre 10 et 25 cm. Longueur : entre 50 et 150 cm ;

– Mycélium sur chevilles (vous pouvez en commander chez un fournisseur de mycéliums comme La Mycosphère) ;

– Foreuse et mèche de 8 mm ;

– Marteau ;

– Cire de soja ou cire d’abeille ou paraffine ou argile verte pour recouvrir les trous.

Comment faire ?

1) Faire les trous dans les bûches. Les trous doivent être légèrement plus profonds que la hauteur des chevilles en quinconce. Les espacer de 5 à 10 cm. Une bûche de 1 m de long nécessite environs 50 chevilles ;

2) Insérer les chevilles dans les trous à l’aide du marteau et recouvrir avec la cire ;

3) Placer les bûches à un endroit ombragé et abrité des vents. Elles peuvent être recouvertes d’une bâche pour limiter le dessèchement et arrosées occasionnellement en cas de sécheresse ;

4) Après 3 à 6 mois, les bûches peuvent être enterrées d’un tiers dans le sol afin qu’elles puissent y capter l’eau. Les champignons craignant la sécheresse, il faut maintenir les bûches humides, en arrosant occasionnellement. Les pleurotes sur bûches apparaissent généralement à l’automne et au printemps ;

5) Vous pouvez maintenant récolter et déguster votre production. Une bûche réalisée dans de bonnes conditions peut produire des champignons pendant 3 à 5 ans.

La culture du strophaire vin-rouge.

Les strophaires se trouvent généralement sur des tas de copeaux ou de sciure. Ce sont des décomposeurs primaires et secondaires : ils s’attaquent aux matières ligneuses brutes comme les copeaux de bois, mais également aux matières déjà partiellement décomposées (feuilles mortes, vieux broyats,…). La présence d’autres micro-organismes ne les gène pas et, au contraire, stimule leur croissance. Ils peuvent s’intégrer au potager bio ou en permaculture.

Ils peuvent être cultivés sur paille, copeaux de bois ou sciure. Privilégier les bois tendres et éviter les résineux (ou les mélanger à maximum 25 %). Il est possible de mélanger ces différentes matières : la paille va fournir une nourriture rapide au mycélium, les copeaux de bois seront des provisions pour le long terme et la sciure va combler les vides et maintenir plus d’humidité dans le substrat.

Où le cultiver ?

Le strophaire se plaît en sous-bois avec une lumière indirecte, mais il peut tolérer quelques heures de soleil par jour. Par exemple en lisières de forêts, aux pieds d’arbres fruitiers, sur des chemins en copeaux de bois. La culture du strophaire au potager permet d’augmenter la quantité de matière organique et la disponibilité de différents éléments pour les plantes dont le phosphore. (Gong S, Chen C, Zhu J, Qi G, Jiang S. 2018 ) Il permettrait également de dépolluer les sols et les eaux en particulier au niveau des nitrates.

Matériel nécessaire :

– Râteau ;

– Mycélium de strophaire : 2,5 l par mètre carré ;

– Optionnel: cartons, bâche ou voile d’ombrage.

Comment faire ?

1) Déblayer grossièrement le sol à l’aide d’un râteau ;

2) Mettre une première couche de substrat de 5 à 10 cm. Émietter le mycélium de strophaire en le répartissant sur toute la surface. Remettre une couche de substrat par dessus. Selon la quantité de substrat, vous pouvez ajouter des nouvelles couches en mode « lasagne » ;

3) Humidifier avec un arrosoir de 10L par mètre carré. En fonction de la sécheresse du lieu, recouvrir d’une fine couche de terre (2 à 3 cm), cartons, bâche ou voile d’ombrage.

Les périodes les plus propices pour l’installation d’un lit de strophaire sont le printemps et l’automne. Une fois qu’il est bien établi, le mycélium demande peu d’entretien. Il peut rester en place plusieurs années s’il est entretenu régulièrement avec des matières ligneuses fraîches, et que son mycélium est protégé de la sécheresse.

A vous de jouer !