L’Atlas des Champignons regroupe plus de 360 espèces différentes que vous pouvez retrouver à l’aide des boites déroulantes ci-dessous. Vous pouvez sélectionner une espèce par son nom vernaculaire (nom commun) ou par son nom latin. Dans tous les cas, il vaut mieux connaître le nom latin de l’espèce car en matière de nom commun, certaines espèces en ont plus d’une centaine selon les régions !
L’amanite panthère (Amanita pantherina) est une amanite toxique, parfois mortelle, au chapeau brun moucheté de flocons blancs. Responsable du « syndrome pantérinien », elle figure parmi les espèces les plus dangereuses à connaître.
Description détaillée
Le chapeau (5 à 12 cm), brun à brun grisâtre, est couvert de flocons blancs purs répartis assez régulièrement, et sa marge est nettement striée. Les lames sont blanches. Le pied blanc porte un anneau bas et lisse et une base bulbeuse ceinturée d’un bourrelet en collier. La chair est blanche et ne rougit pas.
Habitat, écologie et répartition
Espèce mycorhizienne, elle pousse sous feuillus et conifères, sur sols variés.
Période d’apparition
De l’été à l’automne.
Une toxicité grave
Elle contient de l’acide iboténique et du muscimol (syndrome pantérinien) : troubles digestifs, puis agitation, confusion, délire et parfois convulsions. Plus dangereuse que l’amanite tue-mouche, elle peut, à forte dose, entraîner la mort. Toute ingestion impose d’appeler le 15 ou un centre antipoison.
Confusions à connaître
On la confond surtout avec l’amanite rougissante (golmotte), comestible : mais la golmotte rougit à la coupe et aux blessures, ce que la panthère ne fait jamais. L’amanite épaisse a des flocons gris (et non blancs purs). Clefs de la panthère : flocons blancs purs, marge striée, base à collier, chair non rougissante.
Questions fréquentes
L’amanite panthère est-elle dangereuse ?
Oui, elle est toxique et parfois mortelle. Elle provoque un syndrome digestif et nerveux (agitation, délire, convulsions). À ne jamais consommer.
Comment la distinguer de la golmotte ?
La golmotte (amanite rougissante) rougit à la coupe ; la panthère ne rougit jamais et a des flocons blancs purs avec une base à collier.
Comment la reconnaître ?
Chapeau brun à flocons blancs purs, marge striée, anneau bas lisse, base bulbeuse à bourrelet en collier, chair blanche non rougissante.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison et conservez un reste du champignon pour l’identification.
Contenu à visée pédagogique. Ne consommez jamais un champignon sans une identification certaine par un mycologue ou un pharmacien.
Espèces proches à découvrir
Le clitocybe de l’olivier (Omphalotus olearius) est un champignon orange vif poussant en touffes sur les souches. Toxique (violents troubles digestifs) et célèbre pour ses lames luminescentes la nuit, il est souvent confondu avec la girolle.
Description détaillée
Le chapeau (5 à 15 cm), orange vif à fauve, est lisse et en entonnoir. Dessous, de vraies lames orange, serrées et décurrentes, courent sur le pied — elles sont bioluminescentes dans l’obscurité. Le pied orange est fibreux.
Écologie et habitat
Il pousse en touffes sur les souches et racines de feuillus (oliviers, chênes, châtaigniers), surtout dans le sud, en automne.
Toxicité
Il provoque de violents troubles digestifs (vomissements, diarrhées) 30 minutes à 2 heures après l’ingestion. Rarement grave mais très éprouvant, il impose d’appeler le 15 ou un centre antipoison.
Confusion majeure : la girolle
C’est le grand sosie de la girolle (comestible). Différences décisives : la girolle a de faux plis fourchus (pas de vraies lames), pousse au sol (jamais en touffe sur le bois) et sent l’abricot ; le clitocybe de l’olivier a de vraies lames orange serrées et pousse en touffe sur le bois. Ne les confondez jamais.
Questions fréquentes
Le clitocybe de l’olivier est-il dangereux ?
Oui, il est toxique et provoque de violents troubles digestifs. Il n’est pas réputé mortel mais reste très éprouvant.
Comment le distinguer de la girolle ?
Il a de vraies lames orange serrées et pousse en touffe sur le bois ; la girolle a de faux plis fourchus, pousse au sol et sent l’abricot.
Ses lames brillent-elles vraiment ?
Oui, elles sont bioluminescentes et émettent une faible lueur verdâtre dans l’obscurité.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison, en gardant un échantillon.
Espèces proches à découvrir
Le cortinaire cannelle (Cortinarius cinnamomeus) est un petit cortinaire brun cannelle à lames jaune-orangé vif. Il est toxique et apparenté aux cortinaires à toxines rénales : à ne jamais consommer.
Description détaillée
Chapeau (2 à 6 cm) brun cannelle à jaune-brun, fibrilleux. Les lames sont d’un jaune vif à orangé (groupe des dermocybes), puis brun rouille. Le pied jaunâtre à fibrilles porte la trace de la cortine.
Habitat et écologie
Sous conifères et bouleaux, sur sols acides et moussus, en automne.
Une toxicité à prendre au sérieux
Il appartient au groupe de cortinaires renfermant des toxines rénales, dont le très dangereux Cortinarius rubellus (mortel). Ses effets peuvent être graves et retardés (atteinte des reins). À ne jamais consommer ; en cas d’ingestion, appelez le 15 ou un centre antipoison.
Confusions
Ses lames jaune vif et sa cortine signent un cortinaire. Évitez toute confusion avec des champignons colorés comestibles : on ne consomme aucun cortinaire.
Questions fréquentes
Le cortinaire cannelle est-il dangereux ?
Oui, il est toxique et apparenté aux cortinaires à toxines rénales, parfois graves. Ne le consommez jamais.
Comment le reconnaître ?
Petit chapeau brun cannelle, lames jaune vif à orangé puis rouille, cortine.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison, même sans symptôme, car l’atteinte rénale est retardée.
Contenu à visée pédagogique. Ne consommez jamais un champignon sans une identification certaine par un mycologue ou un pharmacien.
Espèces proches à découvrir
Le cortinaire à moitié sanguin (Cortinarius semisanguineus) a un chapeau brun-olive et des lames rouge sang. Il est toxique, parfois gravement : il relève du groupe des cortinaires à toxines rénales.
Description détaillée
Le chapeau (2 à 6 cm) est brun jaunâtre à olive. Les lames sont d’un rouge sang vif (caractère marquant), puis brun rouille. Le pied jaunâtre porte des fibrilles rougeâtres et la trace de la cortine.
Habitat et écologie
Il pousse sous conifères et bouleaux, sur sols acides et moussus, en automne.
Une toxicité grave et retardée
Il est apparenté aux cortinaires à orellanine (comme Cortinarius orellanus, mortel) : toxines néphrotoxiques à action très retardée (troubles rénaux plusieurs jours à semaines après l’ingestion). À ne jamais consommer.
Que faire et confusions
Toute ingestion suspecte impose d’appeler le 15 ou un centre antipoison, même sans symptôme, car le délai est trompeur. Ses lames rouge sang et sa cortine signent un cortinaire : on s’abstient.
Questions fréquentes
Le cortinaire à moitié sanguin est-il dangereux ?
Oui, il est toxique et relève du groupe des cortinaires à toxines rénales, potentiellement graves. Ne le consommez jamais.
Comment le reconnaître ?
Chapeau brun-olive et surtout des lames rouge sang vif, puis rouille, avec une cortine.
Pourquoi le délai est-il trompeur ?
Les toxines rénales agissent plusieurs jours à semaines après le repas : on peut ne pas faire le lien. En cas de doute, appelez un centre antipoison.
Contenu à visée pédagogique. Ne consommez jamais un champignon sans une identification certaine par un mycologue ou un pharmacien.
Espèces proches à découvrir
L’entolome livide (Entoloma sinuatum) est un grand entolome gris responsable de nombreuses intoxications graves en France. Il est toxique, parfois sévèrement.
Description détaillée
Grand chapeau (6 à 20 cm) gris à gris jaunâtre, charnu, luisant, à marge enroulée. Les lames jaunâtres deviennent roses (sporée rose) et sont échancrées. Le pied blanc est robuste. L’odeur est forte, de farine rance.
Habitat et écologie
Sous feuillus (chênes, charmes), sur sols argileux ou calcaires, de l’été à l’automne.
Une toxicité fréquente et sévère
Il provoque de violents troubles digestifs (vomissements, diarrhées) 1 à 4 heures après le repas, parfois graves et prolongés. C’est l’une des causes les plus fréquentes d’intoxication sérieuse en France. Toute ingestion impose d’appeler le 15 ou un centre antipoison.
Confusions dangereuses
Il est confondu avec plusieurs bons comestibles : le meunier (Clitopilus prunulus), le clitocybe nébuleux et de gros tricholomes. Devant un grand champignon gris à lames roses et odeur de farine rance, la prudence s’impose : au doute, on s’abstient.
Questions fréquentes
L’entolome livide est-il dangereux ?
Oui, il est toxique et provoque de violents troubles digestifs, parfois graves. Ne le consommez jamais.
Comment le reconnaître ?
Grand chapeau gris charnu, lames jaunâtres puis roses, pied robuste, odeur de farine rance.
Avec quoi le confond-on ?
Avec le meunier, le clitocybe nébuleux et de gros tricholomes. Prudence avec tout grand champignon gris à lames roses.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison.
Contenu à visée pédagogique. Ne consommez jamais un champignon sans une identification certaine par un mycologue ou un pharmacien.
Espèces proches à découvrir
Le gyromitre commun (Gyromitra esculenta), souvent appelé à tort « fausse morille », arbore un chapeau brun-rouge profondément plutôt que creusé d’alvéoles, en forme de cervelle. Longtemps consommé après cuisson dans certaines régions, il est aujourd’hui reconnu comme parfois mortel en raison de sa gyromitrine. À ne jamais confondre avec les vraies morilles.
Description détaillée
Le chapeau, de 4 à 12 cm, est irrégulier, boursouflé et sinueux comme une cervelle ou un cerneau de noix, de couleur brun-rouge à brun-châtain, parfois presque noir avec l’âge. Il est creux à l’intérieur et soudé au pied par endroits. Le pied, court et trapu, blanchâtre à rosé, est lui aussi creux et souvent sillonné. La chair est mince, cassante et dégage une odeur faible.
Écologie et habitat
Espèce printanière, le gyromitre commun pousse de mars à mai, souvent dès la fonte des neiges, dans les forêts de conifères (pins surtout) sur sols sableux, les coupes et les bords de chemins. On le rencontre volontiers en montagne et dans les régions fraîches d’Europe et d’Amérique du Nord.
Toxicité : un danger sous-estimé
Le gyromitre contient de la gyromitrine, qui se transforme dans l’organisme en mono-méthylhydrazine (MMH), un composé également utilisé comme carburant de fusée. La toxine est hydrosoluble et partiellement volatile, ce qui explique que certains aient cru pouvoir « détoxifier » le champignon par cuisson ou séchage — une croyance dangereuse. Les symptômes, retardés de 6 à 12 heures, associent troubles digestifs violents, maux de tête, vertiges, puis atteinte du foie et du système nerveux. Les intoxications graves peuvent être mortelles. La sensibilité varie fortement d’un individu à l’autre et les toxines peuvent s’accumuler.
Confusions dangereuses
La confusion la plus grave est avec les vraies morilles (Morchella), comestibles réputées de la même saison. Mais la morille a un chapeau régulièrement alvéolé (en nid d’abeille) et entièrement creux, pied compris, tandis que le gyromitre a un chapeau cervelé, plein de replis. Toute récolte de « morille » au chapeau bosselé et non alvéolé doit être écartée.
Questions fréquentes
Le gyromitre est-il comestible après cuisson ?
Non. Même cuit, séché ou bouilli, il conserve un risque toxique réel et parfois mortel. Les méthodes de « détoxification » sont dangereuses et déconseillées.
Pourquoi l’appelle-t-on fausse morille ?
Parce qu’il pousse au printemps comme la morille et ressemble vaguement à elle. Mais son chapeau est cervelé et non alvéolé : c’est un critère essentiel pour l’en distinguer.
Quelle est la toxine responsable ?
La gyromitrine, transformée en mono-méthylhydrazine dans l’organisme. Elle attaque le foie et le système nerveux, avec des symptômes retardés de 6 à 12 heures.
En combien de temps apparaissent les symptômes ?
Généralement 6 à 12 heures après l’ingestion : troubles digestifs, maux de tête, vertiges, puis atteinte hépatique dans les cas graves.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même en l’absence de symptômes. Conservez un échantillon du champignon pour identification.
Espèces proches à découvrir
Le gyromitre en turban (Gyromitra infula) est un cousin automnal du gyromitre commun. Son chapeau brun, en forme de selle ou de turban à deux ou trois lobes, le distingue. Comme ses proches parents, il renferme de la gyromitrine et doit être considéré comme parfois mortel.
Description détaillée
Le chapeau, de 3 à 10 cm, forme une selle irrégulière à deux ou trois lobes dressés, évoquant un turban ou une mitre d’évêque (d’où le nom latin infula). Sa couleur va du brun-jaune au brun-rouge foncé. Le pied, blanchâtre à rosé, est creux, lisse ou légèrement sillonné. La chair est mince et cassante.
Écologie et habitat
Contrairement au gyromitre commun, il fructifie en automne, d’août à novembre, sur le bois pourri, les souches de conifères et l’humus riche des forêts fraîches. Espèce plutôt nordique et montagnarde, on la rencontre éparse en Europe et en Amérique du Nord.
Toxicité
Le gyromitre en turban contient, comme Gyromitra esculenta, de la gyromitrine transformée en mono-méthylhydrazine dans l’organisme. La toxine s’attaque au foie et au système nerveux. Les symptômes, retardés de 6 à 12 heures, vont des troubles digestifs aux atteintes graves, potentiellement mortelles. Aucune préparation ne garantit son innocuité.
Confusions
On peut le confondre avec d’autres helvelles et gyromitres, ainsi qu’avec certaines Helvella à chapeau en selle. Toutes ces espèces étant toxiques à dangereuses, la règle est simple : aucun champignon à chapeau cervelé ou en turban ne se consomme.
Questions fréquentes
Le gyromitre en turban est-il dangereux ?
Oui. Il contient de la gyromitrine et doit être considéré comme parfois mortel, au même titre que le gyromitre commun.
Comment le reconnaître ?
À son chapeau brun en forme de turban ou de selle à deux-trois lobes dressés, et à sa fructification automnale sur bois pourri de conifères.
À quelle saison pousse-t-il ?
En automne, d’août à novembre, contrairement au gyromitre commun qui est printanier.
Peut-on le confondre avec un comestible ?
Il ressemble à d’autres helvelles et gyromitres, tous toxiques. Aucun champignon à chapeau en turban ne doit être consommé.
Que faire en cas d’ingestion ?
Contactez sans attendre le 15 ou un centre antipoison, même sans symptôme. Gardez un échantillon pour l’identification.
Espèces proches à découvrir
L’hypholome fasciculé (Hypholoma fasciculare), ou hypholome en touffes, est l’un des champignons toxiques les plus communs. Ses touffes jaune soufre sur les souches et son amertume intense le trahissent : à connaître absolument pour l’éviter.
Description détaillée
Le chapeau (2 à 6 cm) est jaune soufre à jaune verdâtre, plus fauve au centre, lisse. Les lames, serrées, sont d’abord d’un jaune verdâtre caractéristique, puis vert olive et enfin brun-pourpré. Le pied, fin et fibreux, est jaune en haut, brun-rouille vers la base. La chair, jaune, est très amère.
Écologie et habitat
Extrêmement commun, il pousse en touffes denses sur les souches et le bois mort de feuillus comme de conifères, quasiment toute l’année, parfois en colonies spectaculaires.
Toxicité
Il contient des fasciculols et composés amers responsables de troubles digestifs marqués (nausées, vomissements, diarrhées). Les intoxications sévères, avec atteinte hépatique, restent rares mais possibles. Son amertume violente fait heureusement recracher la plupart des goûteurs imprudents.
Confusions
On le confond avec l’hypholome briqueté (plus roux) et surtout avec des comestibles poussant en touffe sur le bois comme la pholiote changeante : l’amertume et les lames jaune verdâtre de l’hypholome fasciculé les distinguent.
Questions fréquentes
L’hypholome fasciculé est-il comestible ?
Non, il est toxique et provoque des troubles digestifs. Sa chair est en outre très amère.
Comment le reconnaître ?
Touffes jaune soufre sur souches, lames jaune verdâtre puis olive, chair très amère.
Avec quoi peut-on le confondre ?
Avec la pholiote changeante (comestible) et l’hypholome briqueté ; son amertume et ses lames verdâtres tranchent.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison si des troubles apparaissent, en conservant un échantillon.
Espèces proches à découvrir
L’inocybe de Patouillard (Inocybe patouillardi) est l’un des inocybes les plus dangereux : assez grand, blanc ivoire rougissant au toucher, il est responsable d’empoisonnements graves. Riche en muscarine, il est parfois mortel et ne doit jamais être ramassé.
Description détaillée
Le chapeau, de 3 à 9 cm, est épais et charnu, conique obtus puis en cloche enfin étalé et mamelonné, un peu fibrilleux-soyeux. Blanc ou jaune ivoire, il rougit au toucher ou avec l’âge, parfois seulement plusieurs heures après la cueillette ; la marge, enroulée, se fend souvent en larges festons. Les lames, serrées et presque libres, passent du blanchâtre au rosé puis au brun olive sale. Le pied, de 5 à 12 cm environ, est robuste et trapu, pruineux au sommet, fibrilleux ailleurs. La chair, ferme et blanche, rosit puis se marque de rouge à la coupe et au toucher ; son odeur est d’abord fruitée et agréable, ce qui la rend trompeuse.
Écologie et habitat
L’espèce pousse de la mi-mai à la mi-juillet, souvent en groupes, dans les bois de feuillus (hêtres, tilleuls), les parcs, aux lisières et sur les talus, sur sols argileux riches ou calcaires.
Toxicité
L’inocybe de Patouillard renferme une quantité importante de muscarine et provoque de graves intoxications sudoriennes (muscariniennes) : sueurs profuses, salivation, larmoiement, myosis, troubles digestifs et surtout troubles cardiaques pouvant aller jusqu’à l’arrêt du cœur, parfois mortel. Sa taille appréciable et son aspect appétissant en font une espèce particulièrement redoutable.
Confusions
Le danger vient surtout de sa ressemblance avec le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa), comestible printanier poussant à la même période. Ce dernier a des lames blanches serrées, une forte odeur de farine fraîche et une sporée blanche, alors que l’inocybe rougit, a des lames devenant brun olive et une sporée brun tabac. Dans le doute, on ne consomme jamais.
Questions fréquentes
L’inocybe de Patouillard est-il mortel ?
Il peut l’être : très riche en muscarine, il provoque des intoxications graves pouvant entraîner un arrêt cardiaque.
Avec quel comestible le confond-on ?
Surtout avec le tricholome de la Saint-Georges, comestible printanier qui pousse à la même époque.
Comment les distinguer ?
La Saint-Georges sent fortement la farine et a une sporée blanche ; l’inocybe rougit et a une sporée brun tabac.
Quels sont les symptômes ?
Sueurs abondantes, salivation, larmoiement, myosis, troubles digestifs et cardiaques, peu après l’ingestion.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appeler sans attendre le 15 ou un centre antipoison, même en l’absence de symptômes immédiats.
Espèces proches à découvrir
L’inocybe à lames couleur de terre (Inocybe geophylla) est un petit champignon soyeux, blanc ou lilas, très commun dans nos bois. Discret mais dangereux, il fait partie des inocybes toxiques riches en muscarine : à ne jamais consommer.
Description détaillée
Le chapeau, petit (1 à 4 cm), est conique à mamelonné, soyeux et fibrilleux radialement, blanc pur dans la forme type ou lilas dans la variété lilacina. Les lames, d’abord blanchâtres, deviennent brun terre avec les spores (d’où le nom). Le pied, fin, est blanc à liliacé. L’odeur est faible, un peu spermatique.
Écologie et habitat
Très commun, il pousse en été et en automne dans tous types de bois, le long des chemins, sous feuillus et conifères, souvent en groupes. Sa banalité le rend d’autant plus dangereux.
Toxicité : la muscarine
Comme la majorité des inocybes, il est riche en muscarine, responsable du syndrome muscarinien (dit sudorien) : sueurs abondantes, salivation, larmoiement, troubles digestifs, chute de tension, ralentissement du cœur, apparaissant rapidement (15 min à 2 h). Le traitement médical (atropine) est efficace, mais les formes graves peuvent être dangereuses. Aucun inocybe ne doit être consommé.
Confusions
Petit et blanc, il peut être confondu avec de petits champignons de prairie ou des collybies, et la forme lilas avec de petits champignons liliacés. D’une manière générale, le genre Inocybe (chapeau soyeux fibrilleux, lames brun terre, odeur spermatique) doit être écarté en bloc de la cueillette.
Questions fréquentes
L’inocybe à lames couleur de terre est-il toxique ?
Oui, il est toxique par sa muscarine. Comme tous les inocybes, il ne doit jamais être consommé.
Quels sont les symptômes ?
Le syndrome muscarinien : sueurs, salivation, larmoiement, troubles digestifs, chute de tension, en 15 min à 2 h.
Comment le reconnaître ?
À son petit chapeau conique soyeux, blanc ou lilas, et à ses lames devenant brun terre. Odeur un peu spermatique.
Où pousse-t-il ?
Partout dans les bois et le long des chemins, sous feuillus et conifères, en été et automne.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez le 15 ou un centre antipoison : le syndrome muscarinien se traite (atropine), mais il faut agir vite.
Espèces proches à découvrir
L’hypholome en touffes (Hypholoma fasciculare), ou nématolome fasciculaire, est un champignon jaune soufre très commun, poussant en touffes denses sur les souches. Sa chair amère et ses lames verdissantes le trahissent. C’est une espèce toxique, à ne jamais consommer.
Description détaillée
Le chapeau, de 4 à 8 cm, est arrondi puis convexe et aplati, conservant un léger mamelon. Sa cuticule lisse est jaune soufre, plus foncée et orangée à brune au centre ; la marge frangée porte dans la jeunesse de petits résidus floconneux, restes de la cortine. Les lamelles, nombreuses et très serrées, passent du jaune soufre au brun verdâtre puis olivâtre, un caractère marquant. Le pied, long et mince, souvent tordu et creux, est jaune soufre en haut et jaune orangé à la base. La chair, mince et jaune soufre, est de saveur nettement amère.
Écologie et habitat
C’est l’un des champignons les plus fréquents des bois, d’avril à décembre, en touffes parfois très imposantes sur les souches, les branches tombées et les racines de feuillus, parfois aussi de conifères.
Toxicité
L’hypholome en touffes est toxique. Sa consommation provoque de violents troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées) pouvant être sévères et durables. Sa saveur très amère est un signal d’alerte, mais elle peut être masquée par la cuisson : ne vous y fiez pas. Cette espèce très commune est responsable d’intoxications, souvent par confusion avec des champignons comestibles poussant en touffes.
Questions fréquentes
L’hypholome en touffes est-il dangereux ?
Oui, il est toxique et provoque de violents troubles digestifs. Il ne doit jamais être consommé.
Comment le reconnaître ?
À sa couleur jaune soufre, à ses touffes denses sur souches, à ses lames verdissant vers le brun olivâtre et à sa chair très amère.
Avec quoi risque-t-on de le confondre ?
Avec des champignons en touffes réputés comestibles, comme certains pholiotes ou l’hypholome couleur de brique ; sa saveur amère et ses teintes jaune-vert aident à l’écarter.
Que faire en cas d’ingestion ?
Ne pas attendre : appelez le 15 ou un centre antipoison, en conservant si possible un reste de champignon pour identification.
Espèces proches à découvrir
Le paxille enroulé (Paxillus involutus) se reconnaît à sa marge remarquablement enroulée et à ses lamelles décurrentes qui brunissent au moindre contact. Longtemps consommé après cuisson, il est aujourd’hui tenu pour mortel : il provoque un syndrome immuno-hémolytique parfois fatal. Il ne doit jamais être ramassé à des fins alimentaires.
Description détaillée
Le chapeau, de 6 à 15 cm, est d’abord hémisphérique et mamelonné, puis convexe avant de s’étaler et de se déprimer en forme de vasque. Sa marge reste longtemps enroulée et se marque en dessous de cannelures courtes et espacées. La cuticule, brun cannelle à brun rouge, est glabre et visqueuse par temps humide, soyeuse par temps sec. Les lamelles, serrées et brièvement décurrentes, sont extrêmement fragiles et se détachent aisément de la chair ; jaune pâle puis ocre rouille, elles se tachent de brun madère au toucher. Le pied, court (4 à 5 cm) et cylindrique, est jaune brunâtre, ferme et lisse. La chair, épaisse et tendre, blanchâtre à crème, devient molle avec l’âge.
Écologie et habitat
Le paxille enroulé pousse en ronds ou en groupes de taille variable, sur sols acides comme calcaires, de juin à novembre. On le rencontre dans les forêts de feuillus et de conifères, le long des chemins, sur les talus et au bord des fossés, jusque dans les parcs et les jardins.
Toxicité
Cette espèce est responsable d’intoxications très graves, voire mortelles. La consommation répétée peut déclencher un syndrome immuno-hémolytique, réaction du système immunitaire qui détruit les globules rouges et peut conduire à une insuffisance rénale et au décès. La cuisson ne supprime pas ce danger. Attention également à la confusion avec la girolle, qui présente des plis et non de véritables lames.
Questions fréquentes
Le paxille enroulé est-il vraiment mortel ?
Oui. Il provoque un syndrome immuno-hémolytique qui peut être fatal, notamment après des consommations répétées. Il ne doit jamais être mangé.
La cuisson le rend-elle comestible ?
Non. La cuisson ne neutralise pas le mécanisme immunologique en cause. Le champignon reste dangereux, cuit comme cru.
Avec quoi peut-on le confondre ?
Sa couleur brune peut évoquer la girolle, mais celle-ci porte des plis et non de vraies lames. La marge enroulée et les lamelles qui brunissent au toucher sont caractéristiques du paxille.
Que faire en cas d’ingestion ?
Contactez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même en l’absence de symptômes, en précisant le champignon consommé.
Où le rencontre-t-on ?
Dans les forêts de feuillus et de conifères, le long des chemins, des talus et des fossés, mais aussi dans les parcs et jardins, de juin à novembre.
Le pleurote de l’olivier (Omphalotus olearius) pousse en touffes sur le bois mort de châtaigniers, oliviers et chênes. Ses lames orangées décurrentes et sa légère phosphorescence le trahissent. C’est une espèce toxique, responsable de troubles digestifs violents, souvent confondue avec des comestibles.
Description détaillée
Le chapeau, de 6 à 12 cm, charnu, est subglobuleux à convexe au jeune âge, puis étalé et légèrement concave. Sa cuticule lisse et sèche, ornée de fibrilles brunes incrustées, est gris beige, bien blanche sur les jeunes exemplaires. Les lames, d’abord d’un jaune très clair (jaune de buis), deviennent rose saumon à maturité ; échancrées près du pied, elles laissent une sporée rose pâle. Le pied (6 à 15 cm), très robuste, élancé mais épais et dur, souvent irrégulier, courbé et bosselé, est sans anneau et bien blanc. La chair dégage à l’état frais une bonne odeur de farine, trompeusement engageante.
Écologie et habitat
Il pousse de juillet à octobre, en touffes, sur le bois mort de châtaigniers, d’oliviers et de chênes, où il provoque une pourriture blanche.
Toxicité
Cette espèce est particulièrement toxique. Elle provoque des troubles gastro-intestinaux pouvant être sévères, accompagnés de vertiges, de désordres nerveux et parfois de troubles cardiaques (bradycardie, hypotension) ou neurosensoriels (myosis, agitation, confusion). Le risque tient beaucoup à la confusion : son allure et son odeur de farine évoquent le clitocybe nébuleux, comestible, voire la girolle.
Questions fréquentes
Le pleurote de l’olivier est-il dangereux ?
Oui, il est particulièrement toxique. Il provoque des troubles digestifs violents, parfois accompagnés de symptômes nerveux et cardiaques.
Avec quoi risque-t-on de le confondre ?
Avec le clitocybe nébuleux, comestible et d’apparence semblable, ou avec la girolle. Son odeur de farine peut renforcer la méprise.
Est-il vraiment phosphorescent ?
Oui, ses lames peuvent émettre une légère luminescence dans l’obscurité, d’où son surnom de pleurote phosphorescent. Cela ne le rend pas comestible pour autant.
Que faire en cas d’ingestion ?
Contactez sans attendre le 15 ou un centre antipoison, en précisant le champignon consommé, même si les symptômes tardent à apparaître.
Espèces proches à découvrir
Le rhodophille livide (Entoloma sinuatum, syn. Entoloma lividum), surnommé « le perfide », est un gros entolome des forêts de feuillus à lames devenant rose saumon. C’est une espèce toxique, responsable d’intoxications digestives sévères, souvent confondue avec des comestibles.
Description détaillée
Le chapeau (6-16 cm) est charnu, subglobuleux à convexe puis étalé et légèrement concave avec l’âge. Sa cuticule sèche et lisse porte un réseau fibrilleux brun incrusté ; sa couleur passe du blanc au gris beige. Les lames, larges, adnées et sinueuses, échancrées près du pied, sont jaunâtre très clair puis se colorent en rose saumon à maturité ; la sporée est rose pâle. Le pied (6-10 x 1,5-3,2 cm) est blanc puis jaunâtre sale, ferme, robuste, sans anneau, renflé en massue à la base et souvent bosselé. La chair est blanche et dégage à l’état frais une odeur de farine qui devient désagréable. Les spores (8,5-10,5 x 7,2-8 µm) sont brun rose et anguleuses.
Écologie et habitat
Ce champignon pousse de juin à novembre, en cercles, notamment sous les chênes mais aussi sous les hêtres et les robiniers. L’espèce est assez rare mais très dangereusement confondue avec des comestibles.
Toxicité
Le rhodophille livide est toxique et provoque de violents troubles gastro-intestinaux (vomissements, diarrhées, douleurs) parfois sévères et prolongés. Il est très souvent confondu avec le clitocybe nébuleux : vu de dessus, couleur et forme peuvent paraître identiques. Il faut retourner le chapeau : le clitocybe nébuleux a des lames décurrentes qui descendent sur le pied, alors que l’entolome a des lames échancrées formant une goutière autour du pied. Ses lames devenant rose saumon peuvent aussi le faire prendre pour un agaric ou un tricholome comestible.
Questions fréquentes
Le rhodophille livide est-il dangereux ?
Oui, il est toxique et provoque des intoxications digestives sévères. Il ne doit jamais être consommé.
Avec quoi le confond-on ?
Surtout avec le clitocybe nébuleux, mais aussi avec des agarics ou tricholomes comestibles à cause de ses lames rose saumon.
Comment le distinguer du clitocybe nébuleux ?
En retournant le chapeau : l’entolome a des lames échancrées (en goutière autour du pied), le clitocybe des lames décurrentes qui descendent sur le pied.
Où et quand pousse-t-il ?
De juin à novembre, en cercles, sous les chênes, hêtres et robiniers.
Que faire en cas d’ingestion ?
Appelez immédiatement le 15 ou un centre antipoison, même en l’absence de symptôme immédiat.
Espèces proches à découvrir
Comment utiliser l’Atlas des champignons
Notre atlas recense plus de 360 espèces de champignons, classées et illustrées pour vous aider à les identifier. Vous pouvez rechercher une espèce par son nom commun ou, plus sûrement, par son nom latin : chaque champignon possède une fiche détaillée précisant son habitat, sa saison, sa description, sa comestibilité et ses confusions possibles.
Comestibles, toxiques ou mortels
Chaque fiche indique clairement la comestibilité de l’espèce. Prenez le temps de consulter nos listes de champignons mortels et de champignons parfois mortels avant toute cueillette. Rappelez-vous qu’aucune fiche ne remplace l’avis d’un spécialiste : en cas de doute sur une récolte, faites-la contrôler par un pharmacien ou une société mycologique.